Les oreilles de Buster /Maria ERNESTAM (Ed Gaïa)
Lu par Claire et Marie-Line
C
ela se passe en Suède, dans un cadre
magnifique. Eva cultive avec passion ses rosiers, elle partage sa vie avec Sven. Quelques amis, des enfants, une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Pour son anniversaire, sa petite fille
lui a offert un journal intime ; trouvant au départ ce cadeau incongru, elle se prête au jeu et
se met à écrire, raconte son existence et replonge dans ses souvenirs. Elle va profiter de ce travail d’écriture pour avouer par écrit ses crimes
passés…
On accroche sur le champ à
ce roman qui commence par la phrase
« J’avais 7 ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et 17 ans quand j’ai mis finalement mon projet à exécution ». Un conte un peu pervers, qui ne manque pas de
poésie, bien écrit, bien traduit. Rien n’est prévisible, on va de surprise en surprise jusqu’à la fin. Un roman sur les blessures familiales. Une belle découverte.
Des vies d’oiseaux / Véronique OVALDE
Lu par Claire et Françoise
En revenant de vacances, Gustavo et Vida
s’aperçoivent que leur maison a été cambriolée, ou plutôt visitée : rien n’a été volé mais on y a vécu… Et les intrus semblent familiers des lieux. Vida va peu à peu dévoiler au lieutenant
Taïbo sa vie : sa fille a disparu
soudainement, avec leur
jardinier, Adolpho. L’inspecteur va enquêter sur ces squatteurs de villas. Vida va sortir de son ennui, de sa léthargie, se réveiller : elle qui vient d’un milieu simple et a
épousé un homme riche mène une vie mélancolique et sans intérêt.
Une histoire simple, une belle
écriture,mais une atmosphère particulière comme dans
les autres romans de Véronique OVALDE (Ce que je sais de Vera Candida, Et mon cœur transparent) ; cela se passe en Amérique du sud, mais on ne sait pas où précisément ; Un roman sur la
famille (l’inversion des rapports mère/fille : la fille qui pousse parfois la mère à « se réveiller », à changer de vie) ,
sur la liberté d’exister qui nous conduit à nous défaire de nos anciens liens, de nos habitudes . Des vies d’oiseaux : sans passé ni futur, mais des vies plus
risquées.
Le retour de Silas Jones / Tom
FRANKLIN
Lu par Edwige
Etats-Unis, Mississippi, Silas Jones (un noir) est de retour dans la ville où il a passé son enfance. Il est un agent de la mairie et de la
police. 10 ans plus tôt, une jeune fille a disparu, et Larry Otts (surnommé « Larry le pourri », un jeune blanc maintenant garagiste) qui l’accompagnait à une soirée est suspecté. Les
deux hommes se connaissent car ils étaient amis à cette époque, même si la couleur de leur peau le leur interdisait. Une nouvelle disparition va contraindre les deux hommes à se confronter à leur
passé douloureux…
Un roman sur le Sud des Etats-Unis, le Mississippi rural, sur le remords, sur le
racisme, la violence. Un roman palpitant plein d’humanité. Un roman qui a tout d’un polar mais qui n’en n’est pas un.
Les filles de l’ouragan / Joyce MAINARD
Lu par Edwige, Françoise et Annie
Saga familiale, New Hampshire : Ruth et Dana sont nées toutes les deux un 4 juillet 1950, conçues lors d’une nuit d’ouragan. Nées dans des familles que tout sépare (la famille de Ruth exploite une ferme, celle de Dana mène une
vie pseudo artistique), elles se fréquenteront à la demande de leurs parents mais ne deviendront jamais amies. Ruth est rêveuses et solitaire, Dana une terrienne au physique ingrat. Les parents
voudront garder le contact et les familles se retrouveront tous les ans à la saison de la récolte des fraises. Le récit fait alterner la voix de Ruth et celle de Dan et raconte leurs vies,
jusqu’au jour où un étonnant secret de famille va les rapprocher…
Une belle et émouvante histoire de famille à deux voix (celles de Ruth et Dana), qui ne laisse pas
insensible, sur fonds d’histoire des Etats-Unis : Woodstock, la guerre du Vietnam, l’assassinat de JF Kennedy… Une écriture élégante et vive.
Les séparées / Kéthévane DAVRICHEWY
Lu par Marie-Line
Alice et Cécile ont 16 ans le 10 mai 1981. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues de vue. Alice, installée dans un café, tente
inlassablement de comprendre la raison de cette rupture amicale. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice. Les voix des deux femmes déroulent le
fil de leur histoire.
Un roman agréable avec beaucoup de flashbacks très bien gérés : peut-on tout dire à sa meilleure amie ? Est-on sûr de ne pas la décevoir ou la
trahir ? Un beau roman à deux voix.
Une bonne raison de se tuer / Philippe BESSON
Lu par Marie-Line et Claire
L’action se déroule le 4 novembre 2008, jour de l’élection de Barack Obama : journée d’exaltation, d’espoir et d’attente fiévreuse. Mais
pour Laura et Samuel, cette journée sera la plus longue et la plus difficile de leur vie : Samuel doit se rendre à l’enterrement de son fils Paul (17 ans) qui s’est suicidé, et Laura a
décidé de mettre fin à ses jours le soir même. Ils ne se connaissent pas, mais leurs chemins vont pourtant se croiser.
Très bon roman de Philippe Besson, qui nous fait découvrir, comme chacun de ses romans, les failles de chaque personnage et nous emmène dans leur « moi
intime ».
Un roman sombre et lourd que ne laisse pas place à l’espoir. Dépressifs, s’abstenir…
Cet instant-là / Douglas KENNEDY
Lu par Annie
Thomas Nesbitt, écrivain new-yorkais, la cinquantaine reçoit un jour deux lettres : Les papiers de son divorce, et une lettre venant de Berlin où il a vécu en pleine guerre
froide(1984) afin d’écrire un récit de voyage. Là-bas, il a rencontré Petra alors qu’il travaillait dans une radio de propagande américaine : C’est le coup de foudre, Pétra lui raconte son
histoire. Mais bientôt se produit l’impensable et Thomas va devoir choisir, un choix impossible qui fera basculer le destin des amants…
Beaucoup de suspens dans ce livre. Du point de vue historique, une description intéressante de Berlin Est. C’est aussi un roman d’espionnage. Un bon Douglas
Kennedy.
Le chapeau de Mitterrand / Antoine LAURAIN
Lu par Françoise
Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie. Mitterrand s’installe à la table d’à côté, et son repas
achevé, le président oublie son chapeau. Daniel décide de se l’approprier, en souvenir. Son existence va être bouleversée, car tel un talisman, ce chapeau va changer son destin de petit
comptable. Hélas, il perd à son tour le précieux chapeau qui va poursuivre son chemin sur les têtes de citoyens des années 80.
Un roman gai et amusant, bien écrit. Une fable pleine d’esprit et de malice qui met à jour notre rêve commun : voir s’accomplir par magie nos désirs les
plus secrets.
Acabadora /Michela MURGIA
Lu par Françoise
Dans un village sarde des années 50, la couturière Tzia Bonaria décide d’accueillir la quatrième fille d’une humble veuve. Ce sera sa « fille d’âme » à laquelle elle va
apprendre son métier, qu’elle obligera à s’appliquer à l’école. Maria grandit entourée de soins et de tendresse, mais certains aspects de la vie de Tzia la troublent, en particulier ces absences
nocturnes…
Un roman agréable à lire, des personnages attachants, on aimerait bien savoir ce qu’ils deviennent après. Un beau tableau de la campagne sarde des années 50.Une
réflexion sur la mort.
La Tristesse du Samouraï / Victor Del ARBOL
Lu par Annie
Roman policier historique qui n’a rien à voir avec le Japon : L’intrigue démarre en Espagne à l’époque franquiste.Trois
générations marquées au fer rouge par une femme infidèle. L’incartade a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code de l’honneur des samouraïs en un véritable
massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel. En 1981, Maria, brillante avocate atteinte d’une tumeur, confie à l’inspecteur Marchan un secret à la fois familial et historique…
Un polar à ne pas mettre entre toutes les mains : des scènes de tortures. Un livre ardu et compliqué car les
points de vue de plusieurs personnes à des époques différentes se mélangent. On découvre peu à peu le lien entre les différents personnages. C’est à la fois un roman noir, un policier et un
thriller historique.
Le chinois / Henning MANKELL
Lu par Maryse, Annie et Françoise
En Janvier 2006, 19 personnes d’une même famille, les Andren, sont massacrées à l’arme blanche dans un village du nord de la Suède. La police penche pour l’acte
d’un déséquilibré, mais la juge Birgitta Roslin s’intéresse à l’affaire car ses parents adoptifs sont parmi les victimes. Elle mène une enquête parallèle. Un ruban rouge trouvé sur les lieux du
crime la met sur les traces d’un mystérieux chinois…
Un livre (écrit en 2006) qui se situe à la limite du polar et du roman. Il nous fait voyager de la Suède à la Chine en passant par les Etats-Unis et l’Afrique,
de 1863 à 2006. L’intrigue policière, même si elle est très présente, ne semble qu’un prétexte pour réfléchir à l’excès du capitalisme et à la mondialisation, à l’implication actuelle de la Chine
en Afrique (les nouveaux colons). Un polar qui revient sur des pages d’histoire, telle la construction du chemin de fer aux USA.
Persécution / Alessandro PIPERNO
Lu par Claire et Annie
Léo Pontécorvo, cancérologue réputé, marié et bon père de famille, perd complètement pied lorsque la copine de son fils âgée de 12 ans l’accuse, par dépit, d’avoir voulu le séduire.
Rien ne l’a préparé à se battre et à se défendre, alors qu’il est innocent. Commence alors une longue descente aux enfers…
Un petit air de roman policier, mais ce n’en est pas un ; Piperno décortique l’âme humaine : Il décrit avec minutie l’histoire de cet homme qui a tout
eu sans efforts tout au long de son existence, et qui face à une accusation ridicule est perdu. C’est étonnant, effrayant et on ne peut plus abandonner cette histoire.